Salons funéraires, marché peu connu – Comparateur Assurance Obsèques


Aujourd'hui est le jour de commémoration des morts dans la religion catholique. L'occasion de se concentrer sur un marché en croissance.

Salons funéraires, marché peu connu
Salons funéraires, marché peu connu © Getty / Arrow

L'année dernière, il y a eu 614 000 décès en France. Un chiffre qui a explosé depuis le milieu des années 2000. La raison en est que les baby-boomers nés dans les glorieuses années 1930 commencent à s'incliner. Le phénomène augmentera donc encore pendant 40 ans. Les maisons funéraires peuvent se frotter les mains. Ils ont de belles années devant eux.

Mais cette augmentation de la mortalité ne suffit pas à expliquer pourquoi le chiffre d'affaires de l'enterrement a presque doublé en 15 ans pour dépasser les 2 milliards d'euros. La bonne santé du secteur peut aussi s'expliquer par ses pratiques. La Cour des comptes leur a présenté un rapport en février dernier et le moins que l'on puisse dire, c'est que la photo n'est pas très flatteuse.

Qu'est-ce qui critique les funérailles à la Cour des comptes?

Tout d'abord, leurs prix. Ils ont augmenté deux fois plus vite que l'inflation depuis la fin du monopole des services funéraires au niveau de chaque municipalité en 1993.. L'un des objectifs de cette ouverture à la concurrence était de réduire le coût des funérailles. C'est un échec.

Les prix sont également très peu transparentspeut varier de simple à triple. Selon les opérateurs, il faut compter entre 1 300 et 6 500 euros pour un intervalle, entre 2 000 et 6 500 euros pour une crémation. Ce qui favorise cette opacité, c'est le temps relativement court pour organiser les funérailles d'un être cher. Et puis, les familles endeuillées n'ont pas la tête de demander des devis concurrents pour comparer les offres.

Et comment les sociétés de pompes funèbres vont-elles séduire leurs clients?

Encore une fois, leurs pratiques soulèvent des questions. Aujourd'hui, la plupart des gens meurent dans des hôpitaux ou des maisons de retraite. Installations qui n'ont pas toujours de morgue. Les salons funéraires ont donc développé un nouveau service: accueillir le défunt dans un salon funéraire privé afin de permettre aux parents de se rassembler en attendant la cérémonie. Comme aux États-Unis, rappelez-vous la série Six pieds en dessous. Mais une fois le corps dans les murs de la maison funéraire, le but commercial de ses propriétaires est clair: organiser la suite de funérailles, alors qu’ils sont en principe soumis à un principe de neutralité.

Existe-t-il d'autres moyens de recruter des clients?

Assurance obsèques: aujourd'hui, une personne sur quatre a bénéficié de ce type de serviceespérant sauver ses héritiers du paiement de ses funérailles. Dans la pratique, l’offre est souvent insuffisante pour couvrir les frais de funérailles et les familles doivent se mettre la main dans les poches. Sans surprise, l'industrie des pompes funèbres souffre d'une mauvaise image du public.

Le secteur s'adapte-t-il à l'évolution des aspirations?

Si vous recherchez des funérailles personnalisées et moins formatées, le choix est encore limité. Cependant, on voit émerger de nouveaux acteurs, organisés en coopératives, à Bordeaux, Rennes ou Nantes. Leurs objectifs: offrir plus de soutien, une réelle transparence sur les prix et travailler avec les acteurs locaux dans le respect de l'environnement.

En parlant d’environnement, la ville de Paris vient d’ouvrir son premier cimetière écologique à Ivry sur Seine. Ici pas de voûte en béton ou en dalle de marbre, imaginez des stèles de bois au milieu d’une pelouse verte. Les cercueils seront en carton ou en bois local. Les funérailles écologiques sont maintenant possibles!

► Retrouvez l'article "La nouvelle vie funéraire" sur le site d'Alternatives Economiques.

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