La nouvelle vie du fossoyeur – Comparateur Assurance Obsèques


Le marché de la mort ne connaît pas la crise. Depuis la fin des années 2000, le taux de mortalité en France augmente régulièrement. Il est passé de 8,5 en 2010 à 9,2 en 2018, ce qui représente maintenant plus de 614 000 décès par an. Un chiffre qui devrait dépasser 700 000 en 2040 et atteindre 750 000 en 2060! Ces statistiques fatales ont bien accueilli au moins un secteur: les obsèques, qui ont réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de 2,25 milliards d'euros, contre 1,28 milliard quinze ans plus tôt.

Le secteur des pompes funèbres a réalisé un chiffre d'affaires de 2,25 milliards d'euros en 2015 contre 1,28 milliard d'euros en 2000

Cependant, les fossoyeurs n'ont pas le score. Les clients, affaiblis par la douleur et ignorant souvent leurs droits, se retrouvent dans une relation commerciale déséquilibrée: " celui d'un client engagé dans un "achat impliquant", mais en même temps faible dans les capacités de calcul et de jugement et comparé à un domaine d'offres souvent inconnuPascale Trompette, sociologue de marché, spécialiste des pompes funèbres.

Dans cet étrange lien de mort et d'argent, la transparence ne prévaut pas toujours. Publié le 6 février, un rapport de la Cour des comptes brossait un tableau plutôt sombre des pratiques funéraires actuelles. "Insuffisamment contrôlé, le secteur est caractérisé par la concentration, la hausse des prix et le manque de transparence"indique le sage.

Pour les familles, les tarifs varient souvent du simple au triple: selon les opérateurs, il faut compter entre 1 347 euros et 6 449 euros pour un intervalle et entre 2 017 euros et 6 572 euros pour une crémation. "Les familles sont déstabilisées et ne savent absolument rien des funérailles. Elles n'osent pas demander à différentes entreprises de comparer leurs prix. Cependant, contrairement à la croyance populaire, il n'y a pas d'urgence, vous devez prendre le temps de choisir"insiste Michel Kawnik, président de l'association française de l'information des funérailles (Afif).

Haute concentration

Les sociétés de pompes funèbres seraient-elles devenues des marchands sans scrupules? Pas si simple Pour comprendre l'évolution de ce secteur, il faut remonter à 1993. A cette époque, la loi Sweat met fin au monopole municipal des salons funéraires. Auparavant, le conseil municipal avait décidé quelle compagnie confier le transport, l'organisation des funérailles et la fourniture du cercueil. "LLes principales villes ont délégué ce marché principalement à une entreprise, la PFG (Funeral General), qui détenait donc 80% de la délégation. On estime qu'ils ont enterré près de la moitié de la population française! Les petits indépendants ont provoqué une crise politique contre un acteur un peu plus violent. La loi Sweat établit le record ", Pascale Trumpet se souvient.

Vingt-cinq ans plus tard, le secteur n’est plus monopolistique mais reste fortement concentré. Un acteur de premier plan, le groupe OGF (PFG, Roblot, Funeral Dignity et Henri de Borniol) domine le marché, environ 20%. En face de nous, des réseaux d’indépendants coupent petit à petit le gâteau. Funecap, qui a racheté Roc en 2015, Eclerc, la marque fondée par Michel Leclerc, représente environ 10%. Suivi de The Funeral Choice, Funéris et Funeplus, qui représentent 15% des trois. Cependant, les petites marques indépendantes restent très présentes et occupent entre 40% et 50% du marché. Enfin, un centre public, dominant dans certaines grandes villes, capte le reste (entre 7% et 10%).

Capturer les clients

Ces différents acteurs se font une concurrence acharnée pour contrôler l'interface avec les clients. Pour ce faire, ils ont un avantage fondamental: la chambre funéraire, également appelée chambre funéraire. Cette morgue privée où les morts sont déposés, conservés, préparés et surveillés.

Les entreprises de pompes funèbres collaborent avec les compagnies d'assurance et les banques pour se rapprocher des familles en amont de la mort

L'utilisation des funérailles n'est pas obligatoire. Mais il est de plus en plus courant, notamment en raison de la médicalisation de la fin de vie. Aujourd'hui, la plupart des personnes décèdent à l'hôpital ou à l'Ephad – 26% seulement des décès surviennent à la maison – et ces établissements ne disposent pas toujours d'une chambre mortuaire. Les salons funéraires sont, en principe, soumis au principe de neutralité: la famille est libre de choisir une autre société pour organiser la poursuite des funérailles. Mais en réalité, accueillir le défunt avant son dernier voyage offre un avantage évident à la société en question, à offrir de garantir tous les avantages. " L'objectif métier est simple: nous allons le bloquerune famille (de l'anglais "lock", lock, Ed) parce que le corps est déjà dans les murs "Résume Michel Kawnik, Afif.

Un autre atout important est l’assurance obsèques. Les maisons funéraires travaillent avec les compagnies d’assurance et les banques pour se rapprocher des familles avant le décès. Ceux qui y adhèrent espèrent protéger leurs proches en leur garantissant la capitale pour financer leurs futures funérailles. "Aujourd'hui, sur 100 personnes décédées, 26 ou 27 ont déjà organisé leurs obsèques en amontdéclare Richard Feret, directeur général de la CPFM (Confédération des pompes funèbres et du marbre). Et dans dix ans, cela représentera 40%. "

Cependant, préparer vos funérailles n’est pas forcément une bonne idée: "Les gens disent qu'ils ne veulent pas être une nuisance pour leurs enfants. Mais ne pas laisser leurs proches s'occuper des funérailles les empêche de commencer le deuil.", Dit l'anthropologue Laurence Hardy.

Le petitet petitet du marché

Alors, à part les grands opérateurs de pompes funèbres, pas de salut? Les nouvelles approches sont toutefois demandées par les citoyens: les funérailles les plus respectueuses de l'environnement, mais aussi des cérémonies moins formatées, plus adaptées aux choix et aux convictions de chacun. "C’est une excellente recherche de personnalisation, les familles veulent une cérémonie unique, observe Richard Feret de la CPFM. Nous devons être encore meilleurs en entraînement et en équipement. "

Parmi les nouveaux arrivants du secteur, cinq sociétés funéraires, structurées de manière coopérative, émergent en France. Après celle d'Orvault, près de Nantes, créée en 2016, celle de Bordeaux vient d'être ouverte. Une autre coopérative funéraire doit démarrer à Rennes en novembre et trois autres projets sont en cours à Angers, Strasbourg et Dijon. Leurs objectifs: offrir plus de soutien, une réelle transparence des prix, travailler avec des acteurs locaux, dans des circuits courts et respectueux de l'environnement.

Cinq sociétés funéraires, structurées de manière coopérative, émergent en France

"La mort fait partie de la vie, mais les informations sur ce sujet qui nous concernent tous manquent encore. La coopérative funéraire peut être un espace de réflexion précieux"dit Isabelle Georges, responsable de la coopérative funéraire à Rennes. Organisez des "cafés mortels" mensuels dans des bistrots de la ville, afin d'informer les citoyens sur les problèmes liés à la mort, tels que la reconstruction de cimetières ou de Thanatropassi, et d'une foule!

Cependant, ce type de société reste un marché de niche. "Les obsèques sont un secteur qui évolue très lentement. C’est un marché de routine, les habitudes ne sont pas changées rapidement. Mais ces nouvelles entreprises répondent à quelque chose de très présent dans la société: un sentiment de malaise face à une situation de marché pour funérailles ", analyse la sociologue Pascale Trumpet.

Ces coopératives sont susceptibles de trouver un concurrent redoutable sur leur parcours, partageant les mêmes valeurs: La Maison de l’enterrement, créée en 2015 par MGEN, Harmonie Mutuelle et MUTAC. Une aide mutuelle qui pourrait peser lourd avec 10 millions de membres et plus de 600 établissements de santé et de soins de santé en France. Mais tout n’est qu’une question de temps, sur ce marché à évolution lente. plus, "Il y a toujours eu des contre-tendances "N'oubliez pas de Pascale Trumpet. Qui conclut sagement que sur le marché de la mort:" La messe n'est jamais dite! "

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