Dimanche 8 septembre 2019 – Eglise catholique de France – Comparateur assurance décès

DEUXIÈME LECTURE – lettre de Saint-Paul à Filémon 9b … 17

Amato,
9 Moi, Paul, comme je suis, un vieil homme
et, de plus, prisonnier maintenant à cause de Jésus-Christ,
J'ai quelque chose à vous demander à propos de Onésime,
mon fils à qui, en prison, j'ai donné ma vie en Christ.
12 je te le retourne
celui qui est comme mon coeur.
13 J'aurais aimé rester avec moi,
me servir en votre nom
pour moi qui suis en prison à cause de l'évangile.
14 Mais je ne voulais rien faire sans votre consentement,
afin que vous fassiez ce qui est bon,
non par contrainte mais volontairement.
15 Si vous avez été loin de vous pendant un moment,
ça pourrait être pour vous de le trouver définitivement,
16 plus comme esclave,
mais, mieux qu'un esclave, comme un frère bien-aimé:
c'est vraiment pour moi
combien sera-t-il pour vous,
à la fois humainement et dans le Seigneur.
17 Donc, si vous pensez que je suis en communion avec vous,
accueillez-le comme si c'était moi.


Cet été, nous avons lu des extraits de la lettre de Paul aux Colossiens: elle était adressée aux chrétiens de la ville de Colosse en Turquie. Cette fois, nous lisons une lettre adressée à un Colossien spécifique pendant que Paul est en prison, ne sachant pas exactement où. Ce correspondant est probablement un homme important, dont l'attitude compte aux yeux des autres. Ça s'appelle Philémon, c'est chrétien. Il a donc le grand privilège de recevoir de Paolo une lettre personnelle, pleine de diplomatie, sur un sujet, il faut le dire, très délicat. Ce philémon a probablement eu plusieurs esclaves, l'histoire ne dit pas; en tout cas, il en avait un, appelé Onésime. Un jour Onésime s'est enfui de la maison de son maître: c'était totalement interdit par la loi romaine. Un esclave appartenait à son maître en tant qu'objet; il ne pouvait pas se débarrasser de lui-même et le vol lui-même était sévèrement puni.
Au cours de son escapade, Onésime rencontra Paul, converti au christianisme et se mit au service de Paul. La situation est très délicate: si Paolo le maintient près d'Onésime, il devient complice de son abandon du bureau. normalement, cela ne devrait pas vous plaire pour Philémon; si Paul rend Onésime à Philémon, il est probable que les choses iront très mal pour l'esclave; peut-être, d'ailleurs, n'est-il pas entré dans l'odeur de la sainteté, puisque Paul reconnaît un peu plus tard dans sa lettre qu'Onesime pourrait avoir des dettes avec son patron.
Paul a choisi sa position: il a envoyé Onesimo à son maître, avec une lettre demandant pardon; il lui reste à convaincre Philémon: pour cela, il déploie toutes les richesses de sa persuasion: "Je suis un vieil homme en prison, j'ai quelque chose à vous demander" … mais en précisant que la décision finale revient à Philémon: "Je vous envoie Onésime, je volontiers gardé avec moi, afin qu'il puisse me rendre des services en votre nom … mais je ne voulais rien faire sans votre consentement, afin de réaliser ce qui est bon, non pas par contrainte, mais volontairement. Paul dit qu'il ne veut pas forcer la main de Philémon. , mais il sait ce qu’il veut accomplir: c’est très graduellement qu’il le révèle, il commence par demander à Philémon de pardonner l’échappatoire, donc, plutôt que le pardon accordé à l’esclave, ce que Paul suggère comme une véritable conversion: à partir de maintenant, Depuis que Onimeim est baptisé, il est le frère de son ancien maître: "Si Onésime a été retiré de vous pendant un certain temps, vous pourrez peut-être le retrouver, non plus en tant qu'esclave, mais beaucoup mieux qu'un esclave, en tant que frère bien-aimé. Enfin, Paul va encore plus loin: "Si vous sentez que je suis en communion avec moi, accueillez-le comme si j'étais."
Nous sommes donc dans une relation très personnelle, et pourtant cette très petite lettre de Paul à Philémon, qui ne remplit qu'une page, a été conservée de la même manière que les autres dans la Bible; c'est-à-dire qu'il est reconnu comme la Parole de Dieu, comme une Révélation.
On pourrait se demander pourquoi: si je peux me permettre de risquer une réponse, je dirais trois choses: premièrement, ce que l’Eglise appelle "la dignité égale des baptisés". Comme Paul le dit dans sa lettre aux Galates: "Il n'est plus juif ni grec, il n'est plus esclave ni homme libre; il n'est plus homme ni femme; pour tout ce que vous êtes sauf un en Christ Jésus "(Ga 3, 28). En d'autres termes, il n'y a que des baptisés; le baptême a fait de nous des frères en Jésus-Christ et cette union intime en Jésus-Christ supprime toutes les distinctions antérieures. C’est un enseignement très fort sur le baptême: la robe blanche du baptisé est là pour nous rappeler cette transformation intime; Désormais, le baptisé n'est pas à l'origine noir ou blanc, français ou étranger, dirigeant ou employé, homme ou femme … il est avant tout un frère, un autre membre du Corps du Christ.
Deuxième force de cette lettre à Philémon, l'importance de la vie quotidienne de nos vies, de nos situations concrètes. Parce que, dans l’histoire d’Onésime, nous sommes presque au niveau de l'actualité, nous pourrions être tentés de dire que tout le monde se débrouille comme il le souhaite. Sur ce point, on pourrait demander une phrase souvent entendue: "Chacun fait ce qu’il veut dans sa vie". Je ne suis pas sûr que Jésus l'aurait signé! En effet, la lettre de Paul montre que notre façon de mener notre vie est un tout: nous ne sommes pas chrétiens à certains moments seulement.
En fin de compte, Paul intervient dans un domaine parfaitement régi par la loi pour demander à Philémon de ne pas appliquer de sanctions juridiques à son esclave, et tout cela au nom de la charité chrétienne. Cependant, si Philémon punit Onésime très sévèrement, il aura parfaitement raison! C’est-à-dire, et c’est une troisième leçon: nous pouvons être dans sa main droite et ne pas être selon l’Évangile! Parce que nos lois ne sont pas toujours inspirées par l'Évangile! Inversement, nous voyons dans cette lettre à Philémon que le Saint-Esprit impose à Paul des comportements tout à fait contraires à la pratique légale de l'esclavage de son temps, mais dictés par la perspective de la nouvelle création.


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